La bataille des harengs (appelée également bataille de Rouvray ou journée des harengs) est une bataille qui se déroula sur la commune de Rouvray Saint Denis (non loin d’Orléans) le 12 février 1429. Elle fut appelée ainsi car le convoi anglais attaqué par les Français transportait du poisson et autres victuailles destinés à être consommés pendant le carême.

Contexte historique

En pleine Guerre de Cent ans, la ville d’Orléans est assiégée par les forces anglaises depuis la mi-octobre 1428. De nombreuses garnisons anglaises sont disséminées autour de a ville, en Beauce. Évidemment, ces garnisons ainsi que les forces de siège nécessitent des ravitaillements réguliers.

Les Français postaint des espions auprès des armées anglaises pour tenter de connaître leurs intentions. Un de ces hommes informe les Français de la sortie de 300 chariots de la ville de Chartres, convoi escorté par 1 500 Anglais sous le commandement de John Fastolf et du prévôt de Paris, Simon Morhier.

La bataille des Harengs

Apprenant la nouvelle, plusieurs milliers de Français et d’Écossais sortent d’Orléans avec à leur tête Jean d’Orléans, dit Dunois, comte de Longueville. De son côté, Charles de Bourbon, comte de Clermont et futur Charles Ier, duc de Bourbon, prit du retard pour effectuer sa jonction avec Dunois. Les Anglais en profitent pour disposer leurs chariots en cercle et attendent les Français de pied ferme. Les Français manquent leur effet de surprise.

Une dispute éclate entre John Stuart de Darnley, comte d’Évreux, (fils d’Alexandre Stuart, à ne pas confondre avec un homonyme, John Stuart, comte de Buchan, dit Boucan, lequel fut fait connétable de France en 1424), commandant les troupes écossaises alliées aux Français, et Jean de Dunois. Chacun avait son avis sur l’opportunité de livrer bataille aux Anglais. L’écossais Stuart voulait combattre à cheval et charger de suite, Dunois préférait donner l’artillere puis se battre à pied. Pour finir, chacun engagea le combat selon sa propre idée. Charles de Bourbon, comte de Clermont, arriva au moment où la dispute éclatait, mais ne broncha pas.

Les forces franco-écossaises comptent de 3000 à 4000 hommes tandis que les Anglais comptent environ 1500 hommes dans leurs rangs. Les Anglais ont mis les chariots en position défensive et ont dressé des pics pour empêcher la cavalerie de charger efficacement.

Les Français entament les hostilités en utilisant l’artillerie. Les Écossais se jettent contre les fortifications anglaises. Les Français, par peur de toucher les Écossais, font alors stopper les canons. Les Écossais, peu protégés, subissent de lourdes pertes, principalement à cause des archers et des arbalétriers anglais. Les Anglais, constatant que les Français tardent à attaquer, décident de mener une contre attaque. Ils sortent alors de leur retranchement et mettent en déroute les Français et les Écossais. Une légère riposte de La Hire et de Jean Poton de Xaintrailles est tentée, mais bien qu’ils fassent quelques morts, ils abandonnent eux aussi la lutte.

Beaucoup de capitaines, dont John Stuart de Darnley et Guillaume d’Albret, meurent lors de cette bataille des Harengs. Les pertes totales dans le camp franco-écossais sont estimées à 500 ou 600 hommes. Ces pertes sont relativement faibles mais l’impact psychologique de cette déroute est énorme : les troupes sont démoralisées et le comte de Clermont passe pour un lâche.

John Stuart de Darnley sera enterré dans la cathédrale Sainte Croix d’Orléans, avec son épouse.

Sources