William Wallace est un chef de guerre écossais emblématique du combat de cette nation pour l’indépendance. Son rôle essentiel lors de la première guerre d’Indépendance de l’Écosse a fait de lui un véritable héros de la liberté et l’a fait rentrer dans l’Histoire autant que dans la légende.

Un peu d'Histoire...

William Wallace est né à Ellerslie (Ayrshire) ou Elderslie (Renfrewshire) aux alentours de 1270, ce qui faisait de lui encore un jeune homme dans ses années de gloire en 1297 et 1305. Des documents contemporains suggèrent que Wallace était originaire de l’Ayrshire. Son père était de Riccarton, Ayrshire, et sa mère de Loudoun, Ayrshire. De plus ses premières batailles se dérouleront en Ayrshire.

William Wallace apparaît dans l’histoire en assassinant le shérif anglais de Lanark pour venger la mort de sa bien-aimée (nommée Marion Braidfute selon la tradition). En raison de ce crime, il est mis hors la loi et se réfugie dans les bois où il est bientôt rejoint par une trentaine de compagnons avec lesquels il massacre la garnison anglaise de Lanark (en mai 1297).

C’est le signal de la rébellion.

La rebellion

De grands seigneurs ne tardent pas à se joindre à lui, William Douglas, qui devient son lieutenant, Robert Wishart, évêque de Glasgow qui parvient à rallier James Stewart le Grand Sénéchal à la cause et bientôt Robert Bruce le Jeune rompant par là la réputation d’anglophilie de la famille Bruce. Et c’est avec une armée que Wallace met le siège devant Dundee au mois d’août 1297. Le comte de Surrey et Hugh Cressingham, trésorier, réagissent et placent leur troupe à Stirling coupant ainsi Wallace de ses arrières.

William Wallace rompt alors le siège et se dirige vers Stirling. Mais lorsqu’il arrive, les Anglais sont déjà solidement positionnés et plus nombreux – 6 350 fantassins et 350 cavaliers contre 6 000 fantassins dotés de lances et 180 cavaliers écossais. La situation semble désespérée pour les Écossais qui parviennent cependant à profiter de la maladresse d’un chevalier anglais qui souhaitait engager le combat prématurément. Suite à ce renversement de situation, les Anglais perdent 3 000 hommes dont plus de 100 chevaliers. La victoire écossaise lors de la bataille du pont de Stirling est éclatante et rentre dans l’Histoire.

Quelques villes ne tardent pas à ouvrir leurs portes dont : Aberdeen, Dundee, Perth, Stirling, Édimbourg, Roxburgh, Berwick. Wallace dirige en octobre-novembre 1297 des campagnes qui le mènent jusque dans le Cumberland et le Northumberland, tout en faisant régner l’ordre dans les territoires sous son pouvoir. Il est proclamé avant mars 1298 « gardien du royaume d’Écosse ». Édouard Ier doit intervenir en personne, abandonnant un temps le continent – où il appuyait les Flamands contre la France – pour reprendre le contrôle de l’Écosse. Il reprend Berwick en juillet 1298, puis Roxburgh. Il parvient à couper le chemin de Wallace à Falkirk. L’armée écossaise y est écrasée le 22 juillet 1298 – 2 000 morts. C’est la fin de l’épopée de Wallace.

Après la rebellion

William Wallace doit abandonner son titre de gardien du royaume entre juillet et décembre 1298. Il passe quelque temps en France avec d’autres chevaliers écossais à l’automne 1299 ; en novembre 1300, le roi de France Philippe IV envoie même pour lui une lettre de recommandation au pape. William Wallace réapparaît en Écosse aux alentours de 1303-1304 où il reprend sa vie de hors-la-loi. Sa dernière action militaire est une escarmouche en septembre 1304 à l’extrémité des Ochil Hills entre Abernethy et Lindores. Il est capturé près de Glasgow le 3 août 1305 par les hommes de sir John Menteith, le gardien du château de Dumbarton qui, comme la plupart des nobles écossais, avait fait sa soumission au roi d’Angleterre.

William Wallace est transféré à Londres le 22 août 1305 et condamné à mort pour haute trahison envers son souverain, crimes et sacrilège. Le lundi 23 août 1305 il est emmené en procession sur un cheval jusqu’à Westminster Hall et exécuté (Hanged, drawn and quartered) à l’âge de 33 ans. William Wallace est mis à mort dans les conditions atroces réservées aux traîtres : traîné par des chevaux par les pieds sur plusieurs kilomètres de Westminster à la Tour de Londres et de là à Aldgate moitié pendu, éventré et le feu mis à ses entrailles. Il est finalement décapité, puis découpé en morceaux. Pour « donner un exemple », Edouard Ier fait exposer les différentes parties du corps de William Wallace aux quatre coins du royaume d’Angleterre. Sa tête est placée sur le pont de Londres et les parties de son corps réparties entre Newcastle-upon-Tyne, Berwick-upon-Tweed, Stirling et Perth.

Conséquences

Au lieu de détruire l’esprit de liberté chez les Écossais, cette exécution va vivifier le sentiment nationaliste écossais, et d’autres hommes se sont dressés contre l’Angleterre, en particulier Robert Bruce. En 1314, les Écossais, sous le commandement de Robert Bruce, qui s’était rallié les nobles et proclamé roi d’Écosse, défait l’armée anglaise à la bataille de Bannockburn, et assurent, à la fin de la guerre, l’indépendance de l’Écosse en 1328.

Bonus

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir (ou pas) sur l’historicité du film Braveheart par l’excellent Nota Bene.